
A Madinah, Fâtima vivait avec son père dans la simple demeure qu'il avait construite, jouxtant la mosquée. En l'an 2 de l'Hégire, elle reçut des propositions de mariage par l'intermédiaire de son père, dont deux furent rejetées. Ali, le fils d'Abu Tâlib, rassembla alors son courage et vint demander sa main au Prophète (saw). En présence du Prophète (saw) pourtant, il se laissa intimider et perdit sa langue. Il ne quitta pas le sol des yeux et ne put dire un mot. Le Prophète (saw) lui demanda alors : 'Pourquoi es-tu venu ? As-tu besoin de quelque chose ?' Ali ne pouvait toujours pas parler alors le Prophète (saw) suggéra : 'Peut-être es-tu venu pour demander Fâtma en mariage ?' 'Oui' répondit Ali . Selon ce qu'on rapporte, le Prophète (Saw) dit simplement : 'Marhaban wa ahlan- Bienvenue dans la famille' et cela fut prit comme l'approbation du Prophète (saw) par Ali et par les Ansars qui l'attendaient dehors. On rapporte aussi que le Prophète (saw) approuva et demanda à Ali s'il avait quelque chose à donner en dot. Ali répondit que non. Le Prophète (saw) lui rappela qu'il avait un bouclier qu'il pouvait vendre. Ali vendit le bouclier à Uthman pour quatre dirhams et pendant qu'il se dépêchait de retourner chez le Prophète (saw) pour lui remettre la dot, Uthman l'arrêta et lui dit : 'Je te rends ton bouclier comme cadeau de ma part pour ton mariage avec Fâtima'. Fâtima et Ali se marièrent donc probablement au début de l'an 2 de l'Hégire. Elle avait environ 19 ans à ce moment, et Ali en avait environ 21. Le Prophète (saw) lui-même dirigea la cérémonie du mariage. Pour le "Walîmah", on servit aux invités des dattes, des figues et une mixture de dattes et de beurre gras appelé hais. Un membre dirigeant des Ansars offrit un bélier et d'autres firent des dons de céréales. Tout Madinah se réjouit. Pour son mariage, on rapporte que le Prophète (saw) offrit à Fâtima et à Ali un lit de bois entrelacé de feuilles de palmes, une couverture de lit en velours, un coussin en cuir rempli de fibres de palmes, une peau de mouton, une marmite, une outre en peau et une meule manuelle pour moudre le grain. Fâtima quitta pour la première fois la maison de son bien-aimé père pour vivre avec son mari. Le Prophète (saw) était clairement inquiet à son sujet et envoya Barakah avec elle au cas où elle aurait besoin d'aide. Aucun doute que Barakah était source de réconfort et de consolation pour elle. Le Prophète (saw) pria pour elle : 'O Allah, bénit les tous deux, bénit leur maison et bénit leur descendance'. Dans l'humble demeure d'Ali il y avait seulement une peau de mouton en guise de lit. Le matin qui suivit la nuit de noces, le Prophète (saw) vint chez Ali et toqua à la porte. Barakah sortit et le Prophète (saw) lui dit : ' O Umm Ayman ? Appelle mon frère pour moi' 'Ton frère ? C'est celui à qui tu as marié ta fille ?' demanda Barakah de façon quelque peu dubitative comme si elle se demandait : 'Pourquoi le Prophète (saw) appelle Ali son frère ?' Il faisait référence à Ali comme son frère seulement parce que faisant partie des musulmans qui se joignirent à la fraternité après l'hijrah, le Prophète (saw) et Ali était donc liés comme des frères. Le Prophète (saw) répéta ce qu'il venait de dire à plus haute voix. Ali vint et le Prophète (saw) fit une du'a, invoquant les bénédictions de Dieu sur lui. Puis il demanda Fatima. Elle arriva se faisant presque toute petite, dans un mélange de respect et de timidité et le Prophète (SAW) lui dit : 'Je t'ai marié à la personne de ma famille qui m'est le plus cher', de cette façon il cherchait à la rassurer. Elle ne commençait pas à vivre avec un parfait étranger mais avec quelqu'un qui avait grandi dans la même famille, qui était l'un des premiers à être devenu musulman à un jeune âge, qui était connu pour son courage, sa bravoure et sa moralité, et que le Prophète (SAW) décrivait comme 'son frère dans ce monde et dans l'au-delà'.
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