
La vie de Fâtima avec Ali fut aussi simple et sobre qu'elle l'avait été chez son père. En fait, en ce qui concerne le confort matériel, c'était une vie de difficultés et de privations. Durant leur vie commune, Ali resta pauvre car il n'attachait que peu d'importance aux richesses matérielles. Fâtima était la seule parmi ses sœurs à ne pas avoir épouser un homme riche. En fait, on pourrait dire que la vie de Fâtima avec Ali était même plus rigoureuse que celle qu'elle eut chez son père. Au moins, avant le mariage, il y avait toujours dans la famille du Prophète (SAW) une quantité de mains prêtes à aider. Mais maintenant elle devait faire face seule, de fait. Pour soulager leur pauvreté extrême, Ali travaillait comme peintre et porteur d'eau et elle comme broyeuse de céréales. Un jour elle dit à Ali : 'J'ai moulu jusqu'à ce que mes mains se couvrent de cloques'. 'J'ai puisé de l'eau jusqu'à en avoir mal à la poitrine' répliqua Ali . Celui-ci suggéra à Fâtima 'Dieu a donné à ton père quelques prisonniers de guerre, va lui demander de te donner un esclave' A contrecœur, elle alla chez le Prophète (SAW) qui lui dit : 'qu'est-ce qui t'amène ici, ma petite fille ?' 'Je suis venue te donner le Salam' dit-elle de peur qu'il ne puisse lui donner ce qu'elle avait l'intention de demander. 'Que faisais-tu ?' demanda Ali lorsqu'elle repartit seule. 'J'avais honte de lui demander' dit-elle. Alors tous deux vinrent ensemble mais le Prophète (SAW) sentit qu'ils étaient moins dans le besoin que d'autres. 'Je ne vais pas vous le donner' dit-il 'et laisser les Ahl as-Suffah (pauvres musulmans restés dans la mosquée) tourmentés par la faim. Je n'ai pas assez pour leur nourriture…' Ali et Fâtima rentrèrent chez eux, et se sentirent quelque peu découragés mais cette nuit, après qu'ils soient allés se coucher, ils entendirent la voix du Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) leur demandant la permission d'entrer. Pour l'accueillir, ils se levèrent, mais le Prophète (SAW) leur dit : 'Restez où vous êtes' et il s'assit à côté d'eux 'Ne vous indiquerais-je pas quelque chose de meilleur que ce que vous êtes venus me demander ?' demanda-t-il et ils lui dirent 'Si', il dit : 'Les mots que Jibril m'a enseignés, que vous pouvez dire : 'Subhaan Allah' dix fois après la prière, et dix fois "AI hamdu lillah' et dix fois "Allahu Akbar". Et ceci, avant de dormir, il faut que vous le disiez 33 fois chacun. Ali dit plus tard : 'je n'ai jamais manqué de le faire depuis que le Messager de Dieu (SAW) nous l'a enseigné' Il existe plusieurs récits sur les temps durs et difficiles auxquels Fâtima a du faire face. Il n'y avait souvent aucune nourriture chez elle. Une fois, le Prophète (SAW) était affamé. Il alla de l'un à l'autre des appartements de ses femmes mais il n'y avait pas de nourriture. Il alla alors chez Fâtima, et elle n'avait pas non plus de nourriture. Quand il trouva en fin de compte de la nourriture, il envoya deux miches de pain et un morceau de viande à Fâtima. Une autre fois il alla chez Abu Ayyub al-Ansari et de la nourriture qui lui fut donnée, il en garda pour elle. Fâtima savait aussi quand le Prophète (SAW) n'avait pas de nourriture pendant de longues périodes, et en retour elle lui en apportait quand elle le pouvait. Une fois, elle lui donna un morceau de pain d'orge, et il lui dit 'c'est la première nourriture que ton père a mangée depuis trois jours'. Par ces actes de bonté, elle montrait combien elle aimait son père et il l'aimait vraiment en retour. Un jour, il revenait d'un voyage hors de Madinah. Il se rendit d'abord à la mosquée et pria deux ra'kats comme de coutume. Puis, comme il le faisait souvent, il se rendit chez Fâtima avant d'aller chez ses femmes. Fâtima l'accueillit et embrassa son visage, sa bouche et ses yeux et pleura. 'Pourquoi pleures-tu ?' demanda le Prophète (SAW). 'Je te vois, O Rasul Allah, ton teint est pâle et jaune et tes habits sont devenus usés et élimés.' 'O Fâtima' répondit le Prophète (SAW) tendrement 'Ne pleure pas car Allah a envoyé ton père avec une mission qui touchera chaque maison sur la surface de la terre, que ce soit dans les villes, les villages ou les campements du désert apportant soit la gloire soit l'humiliation jusqu'à ce que cette mission soit accomplie avant que la nuit ne tombe inévitablement
A suivre |